La protagoniste, Elsa, comédienne sans succès, à la limite de l’âge, n’a plus beaucoup d’espoir de devenir célèbre. Elle fait sans doute face à sa dernière chance. Anna et Hugo, frère et sœur argentés, étranges, sinistres, maladifs, l’embauchent pour interpréter le rôle de leur propre mère, récemment décédée. La maison de famille devient théâtre. À travers un dangereux exercice stanislavskien, ce rôle va peu à peu prendre le dessus sur Elsa. Les enfants, qui tentaient alors d’exorciser le souvenir d’une mère possessive, tyrannique et odieuse découvrent, mais trop tard, qu’ils ont réussi à ressusciter sans le vouloir le monstre qu’ils souhaitaient enterrer, face au regard abasourdi et désespéré de Berta, gouvernante, mémoire vive de la maison et conscience de cette famille malade. David Ferré
Publié dans Théâtre espagnol : les écritures émergentes